LE SEL DE LORRAINE

 

Pouvoir et convoitises

Lors d’une visite au Château de Blois on aperçoit dans la grande salle où fut assassiné le Duc de Guise une tapisserie des Gobelins qui représente la prise de Marsal en 1663.
Le jeune Roi Louis XIV reçoit les clés de la cité des mains du Gouverneur de la ville, lui-même au service du Duc de Lorraine Charles IV. Le Roi est accompagné de quelques personnes de la Cour dont Sébastien Leprestre, reconnaissable à une cicatrice à la joue.
Comment imaginer que ce petit village lorrain de 300 habitants aujourd’hui ait pu provoquer des querelles entre le Roi Soleil et le Duc de Lorraine ?
Le comportement très versatile de Charles IV est un fait reconnu .De même la politique de Richelieu prolongée par le jeune Roi Louis XIV consistait à enfoncer des coins dans les Duchés afin de les réunir un jour ou l’autre au Royaume de France .Mais la richesse des Salines Lorraines et de Marsal, en particulier intéressait beaucoup le pouvoir régalien, raison majeure.

Prise de Marsal par Louis XIV

Le 1er septembre 1663 : Prise de Marsal par Louis XIV

Le sel est à la fois élément conservateur, purificateur et élément destructeur. Ainsi dans l’antiquité, le natron (carbonate de soude) transporté par les caravanes au Moyen Orient servait à la momification des corps : sel et vie dans l’au-delà.
« Carthago delenda est » Carthage doit être détruit ! ordonne le Sénat Romain après la défaite de sa rivale, on sale alors les terres les rendant stériles. Sel et ruine.

Us et Superstitions

Renverser une salière porte malheur (voir le tableau de la Cène de Léonard de Vinci).on conjure le mauvais sort en jetant une pincée de sel par-dessus l’épaule. Autant de dictons liés à cette gemme – pierre précieuse pour les Romains

Et pourtant quoi de plus banal que le sel aujourd’hui ? Des milliers de tonnes sont répandues chaque année sur nos routes verglacées. Au supermarché où nous achetons notre sel de cuisine, le contenu a moins de valeur que le contenant. Nos ancêtres nés avant la Révolution Française ne pouvaient imaginer….

Jusqu’en 1789 «Qui maîtrisait le sel détenait le pouvoir »et il fallut toute la détermination des révolutionnaires pour abolir le système féodal de la production de sel en France.

« Vous êtes le sel de la terre ».Cette parole de l’Evangile montre à quel point sel et religion –sel et culture sont associés .De même le mot salaire vient du latin salarium-indemnité en sel que percevait le légionnaire romain .C’est dire l’importance du chlorure de sodium dans l’histoire.

Tout a débuté probablement avec la Révolution du Néolithique 6000 à 8000 ans avant Jésus Christ .L’homme, jusqu’alors nomade, devient sédentaire et « invente » agriculture et élevage .Le sel est alors un élément majeur de la vie quotidienne tant pour l’homme et la conservation des aliments que pour le bétail. Les besoins en sel physiologique indispensable améliorent sensiblement les performances et la santé de tout être vivant.

Le Sel Et Le Milieu

La mer est salée. C’est une banalité. 25 à30 grammes par litre. La quantité de sel dissous dans l’océan est estimée à 36 mètres d’épaisseur autour de la surface du globe. Seulement voilà, le transport du sel est difficile et onéreux et l’homme chercha à exploiter le sel continental. C’est l’origine de l’exploitation du sel en Lorraine

Le Gisement Salifère

Le gisement salifère Lorrain est caractérisé par sa richesse et son étendue. Au début du Trias (215 à 225 millions d’années), l’Europe est couverte par un océan peu profond « la Thétys », puis plus tard une mer appelée « germanique » qui sous l’effet d’un climat subtropical va générer et favoriser dépôt et cristallisation du sel marin. Ce sont des lagunes peu profondes.

Le niveau inférieur âgé de 215 -220 millions d’années est dans le Muschelkalk moyen (calcaire à moules) : on en voit des affleurements à Heming (près de Sarrebourg).

Le niveau supérieur remonte à 200 -205 millions d’années : il est situé dans les couches géologiques du Keuper inférieur. C’est le gisement le plus important puisqu’il s’étend du Saulnois en Moselle jusque Sézanne en Champagne soit 250 kilomètres.

Le gisement orienté d’est en ouest s’enfonce sous le bassin parisien où sa profondeur atteint 500 à 600 mètres. Ce sont les mouvements orogéniques liés à la montée des Alpes à la fin de l’ère secondaire qui explique ce phénomène.

Les Vosges (plissement hercynien de l’ère primaire) érodées au moment de l’orogenèse des Alpes vont se soulever à nouveau et provoquer l’inclinaison des couches géologiques avoisinantes vers l’ouest. Au Tertiaire et au quaternaire, des sédiments vont s’accumuler sur l’ancien bassin salifère.

Le sel du Muschelkalk fut exploité dans le Région de Sarralbe, celui du Keuper dans le Saulnois, la vallée du Sanon et de la Meurthe où son exploitation continue.

coupe géologique schématique de Lorraine

Coupe géologique schématique de Lorraine

De La Préhistoire à l’Antiquité

L’histoire du sel commence dans la vallée supérieure de la Seille probablement à la fin du néolithique. L’homme sédentaire élève ses troupeaux, tanne des peaux, se fixe en périphérie des mares salées pour assurer ses besoins en sel. En effet, de la saumure formée au contact du « toit » du gisement salifère peu profond (environ 40 mètres) remonte dans la vallée au hasard de faille et percole à la surface. Ces mares salées (à l’origine du nom Marosallum - Marsal)-très concentrées – jusqu’à 90 grammes par litre sont une aubaine de la nature. Ainsi Marsal, Moyenvic, Vic sur Seille, Burthécourt et Salonnes seront des sites exploités dés la protohistoire pour devenir des sites industriels, preuve s’il en est ces 4 millions de m3 de briquetage présents dans le sous-sol du Saulnois.

Saulnois - vient de pagus salinensis – pays des salines, terme utilisé depuis le 15ème siècle .Au 18ème siècle Artèze La Sauvagère désigne sous le nom de briquetage cet amas immense et confus de morceaux d’argile cuite au feu. En périphérie, on remarque également des amas de cendres. L’épaisseur de cette couche archéologique est considérable. Plus de 4 mètres à Marsal, 7 mètres à Burthécourt (sondage de 1901 par Keune). Au total, plus de 4 millions de m3 répartis sur les 7 îlots connus à ce jour. Nous sommes en présence du site le plus important d’Europe, témoin d’une activité quasi-industrielle de fabrication du sel à partir de saumure naturelle. Il semble que la maîtrise des places à sel était assurée par une aristocratie, témoin ces tumulus princiers du 1er Age du fer découverts dans la vallée ou sur les collines ou Cuestas du jurassique proches de la Seille. Quel impact eut cette « industrie » sur l’environnement ? Surexploitation des forêts pour alimenter les foyers, érosion des sols, envasement de la vallée. Autant de questions que se posent les archéologues du Musée des Antiquités Nationales de St Germain en Laye, dirigés par Laurent Olivier qui mène les recherches depuis plus de 5 ans.

La saumure est concentrée dans les fours puis cristallisée dans des gobelets en terre cuite disposés sur des empilements ou grilles de bâtonnets également en terre .On fait bouillir la saumure sur des foyers alimentés en bois ou en charbon de bois .La fragilité de ces éléments façonnés à la main, le bris des moules pour en extraire les pains de sel, expliquent l’énorme quantité de débris générée à chaque cuite. Il semble que cette technique fut utilisée jusqu’à l’époque gallo-romaine. Elle fut remplacée progressivement par la poêle à sel en fer utilisée encore de nos jours dans de nombreux pays en voie de développement.

Une mare sale Atelier de briquetage
Une mare salée Atelier de briquetage

De L’Antiquité Au Moyen Age

Le commerce du sel va s’amplifier grâce aux voies romaines qui suivent les anciens chemins sauniers. Au nord vers Metz et Trèves, au sud vers Langres, à l’est vers Strasbourg par Saverne et le Donon. Le transport est aussi fluvial en direction de Metz (divodorum mediomatricus) sur la seille au moyen de barques à fond plat. Ainsi les cités du Saulnois Marosallum, Bodiatus Vicus vont devenir des places où l’on battra la monnaie, preuve de leur importance.

Plus tard, les Mérovingiens multiplient l’installation des salines mais également dans la vallée de la Meurthe (Rosières aux Salines). Elles sont exploitées par des particuliers pour leur compte personnel ou celui de suzerains. A partir du 9ème siècle ce sont surtout les abbayes qui gèrent la majorité des salines. Souvent des laïcs en font donation aux établissements religieux. 73 abbayes sont ainsi présentes dont 26 à Marsal au début du 11ème siècle.

Salival de l’ordre des Prémontrés proche de Moyenvic voit le jour en 1145 sur les terres des Comtes de Hombourg Salm.

La production assure le pouvoir et des revenus substantiels. A Partir du 13ème siècle l’Evêque de Metz prend possession de Vic sur Seille et Marsal, élève des fortifications et fait de Vic la capitale de son temporel. Il a le monopole des salines et lève les impôts sur la production et la vente de sel.

Plus tard la situation financière et la puissance des évêques déclinent. Ceux-ci vont alors gager leurs salines au profit des Ducs de Lorraine cantonnés jusqu’alors dans la vallée de la petite seille (Château-Salins, Amélécourt, Morhange).

Au 14ème siècle le sel deviendra une grande industrie. De nouvelles fortifications seront érigées à Marsal et Moyenvic. Charles III prend conscience de l’intérêt économique du sel qui lui procurera jusqu’à 50 % de ses revenus .Avec la gabelle et la création de la ferme Lorraine, les salines ducales sont mises à bail. Cet impôt impopulaire sera en vigueur jusque 1790.

Labbaye de Salival Le château des évêques de Metz
L’abbaye de Salival Le château des évêques de Metz

L’Evolution Des Techniques

Au Moyen Age les poêles mises au point à l’aide de plaques de fer assemblées par des rivets, sont suspendues au dessus de murs de briques formant des couloirs où circule l’air chaud venant d’un foyer installé dans la saline. L’eau salée que l’on fait bouillir dans les poêles est tirée d’un puit à l’aide de machines à godets. Les appareils de puisage sont cités à partir du 12ème siècle. Ces pompes appelées Ciconia avaient la forme de grue avec balancier rappelant le cou de gigogne.

Naturellement on avait le soucis de puiser la saumure la plus concentrée possible afin d’économiser l’énergie, qui fut un problème récurant tout au long de l’histoire du sel.

La Grandeur Du Sel Lorrain Au 17ème et 18ème Siècles

En 1663 Louis XIV prend Marsal suite au Traité de Vincennes (1661). Depuis 1631 Moyenvic est une cité française, possession confirmée en 1648 au traité de Munster mettant fin à la guerre de 30ans (1618-1648).

La prise de Marsal répond à plusieurs objectifs .D’abord la saline ducale concurrence Moyenvic et consomme du bois. Marsal, déjà fortifié par les Ducs de Lorraine Charles III puis Henri II va permettre à Louis XIV d’assurer par la présence d’une garnison la sécurité de « la route de France » reliant Metz Français depuis 1648 et l’Alsace annexée au royaume par le Traité de Munster. La saline de Marsal cessera son activité en 1699 après le traité de Ryswick. Vauban revoit et améliore le système défensif de la ville dont on voit encore aujourd’hui les vestiges apparents. La cité devient une ville stratégique.

En 1701 le Duc de Lorraine Léopold rassemble les sites d’exploitation du sel sur les sites de Château-Salins, Dieuze et Rozières aux Salines. A elles seules, ces trois salines représentent 50 % des revenus du duché. La production s’élève à environ 40 000 tonnes par an.

En 1737 Stanislas Leczinski, beau père de Louis XIV, dernier Duc de Lorraine exploite les salines ducales y compris celle de Moyenvic rattachée à la saline de Dieuze .

L’intendant de la Galaizière au service de la France est chargé de mettre en place une administration à la française préparant l’annexion au royaume décidée par le Traité de Vienne puis la convention de Meudon (1737).

Le commerce du sel était soumis au contrôle des fermiers généraux. Les sujets contraints d’acheter des quantités fixées d’avance (le minot) à prix fort. Toutes fraude contrebande ou insolvabilité entraînait une condamnation : le fouet, le marquage au fer rouge ou les galères inconnues jusqu’alors en Lorraine.

En 1789 à la veille de la Révolution Française les cahiers de doléances font état du coût excessif et de la mauvaise qualité du sel consommé sur place, tandis que le sel d’exportation est excellent. Le sel joue le rôle « diplomatique » vis-à-vis de certaines contrées avec des prix variant du simple au quadruple. La consommation et le transport de bois pour les salines provoquent également la colère des habitants. On ne trouve plus le bois nécessaire au chauffage et à l’agriculture.

Plan en relief de la ville de Marsal La saline royale de Dieuze
Plan en relief de la ville de Marsal La saline royale de Dieuze

 

Un Problème Majeur : Le Combustible

Seule énergie disponible jusqu’au 18ème siècle le bois utilisé dans tous les domaines de la vie quotidienne : chauffage, fabrication de tonneaux, outillage agricole, charpentes, etc. Malgré

de vastes espaces boisés, les besoins importants pour les salines nécessitent d’économiser l’énergie.

        1. Les bâtiments de graduation

La saumure a d’autant plus de valeur que sa concentration est élevée. En 1739 sur les conseils de scientifiques anglo-saxons on installa à Rozières puis à Dieuze un bâtiment de graduation.

Ce bâtiment ouvert aux quatre vents et bourré de fagots d’épines est construit aux abords du puits salé. A l’aide de pompes actionnées par l’eau d’un canal ou par un manège à chevaux, la saumure est élevée en haut du bâtiment (plus de 10 mètres) puis coule dans des gouttières munies de robinets. L’eau descend lentement au travers de cet amas d’épines où l’air provoque sa concentration. Après plusieurs opérations, on obtient une saumure très riche qui permet d’économiser jusqu’à 50 % de bois. « Les eaux du puits salé » de Rozières qui n’avaient plus que 3,5 degrés de sallure ont été remontées jusqu’à 15 et 18 degrés » (Dom Calmet 1745).

        2. Le transport de la saumure : les saumoducs

Comme ce fut le cas entre Sallins-les Bains et Arc et Senan, en Franche Comté, Dieuze et Moyenvic furent reliés par une conduite de chêne ou saumoduc de 13 kilomètres (2800 éléments de 4 mètres) qui permit d’envoyer par gravité à la saline de Moyenvic la saumure de Dieuze plus concentrée et d’économiser ainsi du combustible.

Au début du 18ème siècle, le degré de salure de Rozières baissa brusquement. Vayringe, horloger du Duc Leopolod proposa d’alimenter Rozières avec la saumure de Saléaux (Lezey) éloigné de 32 kilomètres. Vayringe proposait l’utilisation d’une pompe à vapeur du type de celle de Nexcomen. Mais personne ne crut à son projet.
En 1780, on fit des essais d’utilisation de houille à Dieuze et le charbon importé de Sarre supplanta progressivement le bois.

Le problème de combustible Bâtiment abritant un poêle à sel
Bâtiment abritant un poêle à sel

Le Sel Après La Révolution

En 1790, la révolution signe la fin des gabelles. L’impôt sur le sel est rétabli en 1806 par Napoléon. Le monopole d’exploitation est attribué à la compagnie des Salines de l’Est regroupant les salines de Lorraine et Franche Comté.

1819 : Un Tournant

Depuis longtemps, on soupçonnait la présence d’un « rocher de sel » dans le sous-sol lorrain. Le Comte d’Essuilles fut le premier à émettre cette hypothèse. On fora à Vic-sur-Seille en 1819. Le sel gemme fut atteint à 56 mètres de profondeur. On ouvrit une mine à Dieuze. Après quelques années et un accident dû à un effondrement on revint à l‘ancienne méthode de pompage. Dans la vallée de la Meurthe, à Varangéville, la couche plus profonde, environ 120 mètres) permit l’ouverture d’une mine encore exploitée aujourd’hui. La première concession par ordonnance de 1845 à Varangéville marque le début de l’extension des Salines de Lorraine et s’accentua avec l’arrivée des Frères Solvay. D’origine belge, ils développèrent le procédé de fabrication du carbonate de soude. Le sel gemme associé aux carbonates de calcium tirés d’une carrière en Forêt de Haye assura une extension rapide de l’industrie chimique liée au sel.

Après le Traité de Francfort (1870-1871), une partie de la Lorraine est annexée. Le Saulnois et la région de Sarralbe font partie de l’Empire Allemand. Les Salines de la Meurthe restées françaises connurent un essor rapide .de nouvelles concessions furent attribuées. En 1910 seize salines étaient en activité autour de Nancy. L’usine Solvay développa sa production de carbonate de soude suite à une demande toujours croissante : 500 000 tonnes à travers le monde en 1870, plus de 14 millions de tonnes en 1955. En France, cette activité consomme plus de 50 % du sel extrait.

Les Sondages

Actuellement le gisement de sel gemme de Varangéville est exploité par deux techniques : extraction par mine (environ 500 000 tonnes par an) et dissolution sur place consistant à injecter de l’eau dans un sondage et pompage de saumure.

Dans la mine, on utilise la technique du pilier perdu assurant le soutènement des couches supérieures. 30 % du volume est ainsi utilisé. Le sel brut concassé est vendu pour le déneigement des routes et pour l’industrie. Les réserves sont pratiquement inépuisables. Quant à la dissolution elle permet d’obtenir un sel pur, raffiné pour la consommation humaine et animale.

En Lorraine, seules les salines de la Meurthe sont encore en activité aujourd’hui.

 

Mine de sel gemme de Varangéville

Mine de sel gemme de Varangéville

Le Saulnois a gardé son étymologie et quelques éléments du patrimoine rappellent son histoire : La Porte de la Saline de Moyenvic qui cessa son activité en 1831, Château-Salins et Saleaux (Lezey) qui cessèrent leur exploitation après 1945 et le bâtiment des salines royales à Dieuze avec le manège du puits salé. La nature nous rappelle à chaque saison la présence du sel dans le milieu naturel sur lequel poussent des plantes halophiles (qui aiment le sel). La salicorne ou passe-pierre, plante médicinale de la famille des chenopodiacés, le jonc de Gérard, l’aster maritime, la guimauve etc.…Ces plantes font l’objet de mesure de protection dans le cadre de Natura 2000 ainsi que l’Avifaune avec le coulis cendré, le tarier des prés, la râle des genets ou le vanneau huppé qui viennent se reproduire dans ce biotope.
Le monde agricole s’associe de manière contractuelle à cette démarche.

Depuis 1970 l’industrie « lourde » de Lorraine (sel, fer, charbon) est en déclin. Le nombre de salariés employés dans ces secteurs n’a cessé de diminuer. Mais n’oublions jamais l’énergie et les efforts déployés par les hommes qui ont forgé au cours de l’histoire l’âme de la Lorraine. Parmi celles-ci, celle du sel est la plus ancienne.

Pendant plus d’un millénaire, sel, puissance, pouvoir étaient liés autour d’une denrée essentielle. Elle a perdu aujourd’hui son importance. Pour comprendre la Lorraine du 3ème millénaire résolument tournée vers l’Europe et forte de ses deux millions d’habitants, nous devons comprendre notre passé. Gardons en mémoire les nombreux conflits liés à l’industrie lorraine dont le sel représentait un élément majeur.

Ouvert en 1973, le Musée du Sel fut géré pendant trente ans par une association de bénévoles dans laquelle figuraient d’anciens cadres de l’industrie du sel. Depuis 2004 le département de la Mosellle a repris la gestion du site. De nouvelles fouilles archéologiques sont dirigées par Laurent Olivier assisté par de nombreux chercheurs Européens dans le but de comprendre comment vivait et fonctionnait cette « civilisation du sel ». Ces recherches permettront sans doute de comprendre pourquoi cette petite région de Lorraine fut au carrefour d’échanges entre le Nord et le Sud de l’Europe dés la protohistoire (découverte de vases étrusques,colliers d’ambre,etc.).

Les sites d’exploitation de l’ « or blanc » sont nombreux en France et en Europe mais nulle part ailleurs on ne retrouve trace de vestiges aussi remarquables bien qu’invisibles. Cependant de nombreuses questions restent posées. C’est l’objet de nos recherches.
Aujourd’hui, « désert de la Moselle » (28 habitants au kilomètre carré), le Saulnois n’en reste pas moins une région attirante qui étonne par la diversité de ses paysages, la richesse de son agriculture et de ses forêts et draine des visiteurs toujours plus nombreux, avides de découvrir l’environnement et l’histoire de cette région.

Porte de France abritant le muse

Porte de France abritant le musée départemental du Sel, ouvert en 1973

Michel REMILLON
Président de l’Association des Amis
Du Musée du Sel de Marsal

annexe

BLIESBRUCK

Le Parc archéologique européen de Bliesbruck-Reinheim (Europäischer Kulturpark Bliesbruck-Reinheim en allemand) est un parc archéologique situé à cheval sur la frontière franco-allemande sur les communes de Reinheim dans la Sarre et de Bliesbruck en Moselle.

Les vestiges principaux montrés au public sont la tombe princière de REINHEIM, un vicus gallo-romain et une vaste villa romaine. Avec des témoignages archéologiques du Mésolithique, de l'Âge du bronze, des périodes celtique et romaine, puis des migrations germaniques de l'Antiquité tardive, le site témoigne d'une occupation permanente de la vallée de la Blies qui couvre une période de 10 000 ans.
Au XVI° siècle la moitié des richesses de l’église de Metz, proviennent du sel.